Les anciens directeurs

    Les cinq anciens directeurs du Chant Sacré ont connu une longévité exceptionnelle, puisqu’ils ont fonctionné en moyenne pendant 36,8 ans.

    Par une étrange coïncidence, quatre d’entre eux ont pris la tête du Chant Sacré à l’âge de 32 ans. Le chœur a donc fait preuve d’audace au XXIe siècle en nommant un jeune chef de 26 ans. Va-t-il pour autant maintenir la durée de vie moyenne des chefs? L’avenir nous le dira…

    Ernest Christian Frédéric Wehrstedt (1795-1876) Ernest Christian Frédéric Wehrstedt

    45 ans de direction, de 1827 à 1872

    D’origine autrichienne, Ernest Christian Frédéric Wehrstedt s’installe à Genève en 1825 après une tournée en Europe, et obtient la bourgeoisie d’honneur de Genève en 1829.
    A Vienne, il fut l’élève de Carl-Maria von Weber.
    Pianiste, maître de chant, professeur et directeur de musique, il a composé des psaumes.
    Cet artiste original et de talent a révélé au Chant Sacré et au public genevois les œuvres de compositeurs aujourd’hui oubliés tels que François Durante (1684-1755) et Carl Friedrich Christian Fasch (1736-1800), les compositions sacrées de Mendelssohn et de Weber, ainsi que des fragments des grands oratorios de Händel et de Haydn.

    Hugo de Senger (1835-1892) Hugo de Senger

    20 ans de direction, de 1872 à 1892

    Hugo de Senger est d’origine bavaroise. Durant ses études de musique et de philosophie à Munich et à Leipzig, il fut en relation avec Berlioz, Schumann et Wagner.
    Après avoir dirigé des concerts à St-Gall, Zurich et Lausanne, il s’établit en 1869 à Genève. Chef d’orchestre, enseignant au Conservatoire et compositeur, il a joué pendant plus de vingt ans un rôle prépondérant dans la vie musicale genevoise. Nous lui devons entre autres la célèbre partition de la Fête des Vignerons de 1889.
    Il a communiqué au Chant Sacré sa prédilection pour les grands oratorios, en particulier ceux de Félix Mendelssohn (1809-1847).

    Otto Barblan (1860-1943) Otto Barblan

    46 ans de direction, de 1892 à 1938

    Otto Barblan est né dans les Grisons, en Haute-Engadine. Il étudie la pédagogie à Coire puis fait sa formation musicale à Stuttgart où il suit des cours de piano, d’orgue et de composition.
    En 1887, il est nommé organiste de la Cathédrale St-Pierre à Genève. Organiste, professeur au Conservatoire et compositeur, Otto Barblan a été pendant un demi-siècle une figure marquante de la vie musicale genevoise. Il a composé Le Festival de Calven, une œuvre patriotique qui avec son hymne final Terre des monts neigeux connut un succès considérable, ainsi que les Cantates de l’Escalade et de la Restauration.
    Otto Barblan a élargi le répertoire du Chant Sacré en faisant interpréter au chœur les grandes œuvres de Johann-Sebastian Bach (Magnificat, Passions, Messes, Oratorio), les révélant ainsi aux mélomanes genevois. De par son enthousiasme, son ambition, sa persévérance et son exigence, il a transformé la quelque peu dilettante Société de Chant Sacré en une formation de bon niveau artistique.

    Samuel Baud-Bovy (1906-1986) Samuel Baud-Bovy

    39 ans de direction, de 1938 à 1977

    Samuel Baud-Bovy est né à Genève. Il fait des études classiques à Genève, Vienne, Paris et Athènes, et acquiert en parallèle une solide formation musicale auprès de maîtres tels que Charles Chaix, Paul Dukas, Félix Weingartner.
    En 1931 il est nommé professeur de grec moderne à l’Université de Genève, puis, en 1933, titulaire de la classe de direction d’orchestre au Conservatoire de musique de Genève, institution dont il deviendra le directeur.
    En tant que chef d’orchestre et chef de chœur, il a rendu d’inestimables services à la musique genevoise et suisse en faisant connaître les œuvres des compositeurs contemporains tels que Willy Burkhard (1900-1955), Charles Chaix (1885-1973), André-François Marescotti (1902-1995), Michel Wiblé (1923) et Frank Martin (1890-1974) dont il a présenté avec le Chant Sacré, en création mondiale, le Golgotha en 1949.
    Samuel Baud-Bovy a su conduire la Société hors des sentiers battus  non seulement en lui faisant découvrir de nombreuses œuvres contemporaines, mais en programmant plusieurs chefs-d’œuvre méconnus de grands compositeurs : Bach, Mozart, Schumann.
    Il a reçu en 1975 le prix de la Ville de Genève.

    Didier Godel (1945)

    34 ans de direction, de 1977 à 2011

    Né à Genève, Didier Godel y accomplit des études supérieures en architecture. Au Conservatoire de musique, il obtient les diplômes professionnels de flûte, d’orgue, le diplôme de culture musicale, le certificat de direction d’orchestre (classe de Samuel Baud-Bovy) et le prix de composition (classe d’André-François Marescotti).
    Nommé titulaire des orgues du temple de Champel à Genève en 1970, il est engagé en 1971 par le Conservatoire de musique de Genève pour l'enseignement du solfège supérieur.
    De 1972 à 1995, il est critique musical au Journal de Genève. De 1972 à 1994, il travaille pour la manufacture d'orgues Dunand à Lyon en qualité d'architecte et de dessinateur d'orgues.
    De 1964 à 1982, il anime un ensemble de cuivres, la Camerata Gabrieli de Genève et donne de nombreux concerts, souvent en collaboration avec des organistes et des chœurs.
    Didier Godel a composé une trentaine d'œuvres pour chœur, instrument soliste ou orchestre, (cantate, oratorio, concerto pour trombone, pour basson, pour flûte de Pan) et diverses pages de musique de chambre.

    Musicien engagé, Didier Godel est membre de plusieurs associations et commissions musicales à Genève et en Suisse. A la tête du Chant Sacré, soucieux de mettre en valeur le patrimoine musical de notre pays, il s’est attaché à faire connaître des œuvres de compositeurs suisses comme Friedrich Klose (1862-1942), Hermann Suter (1870-1926) ou genevois tels que Fernande Peyrot (1888-1978) ou Lionel Rogg (1936) et a donné plusieurs œuvres en création.